Ko Mo Go, bits, octets : remettre de l’ordre dans les unités de stockage

93 Go qui disparaissent d’un coup, sans qu’on ait rien supprimé ? L’éternelle bataille entre bits, octets et gigas n’a rien d’un détail de geek : c’est le genre d’écart qui fait grincer des dents quand on découvre, médusé, l’espace manquant sur sa toute nouvelle clé USB. Derrière ces chiffres, une dualité têtue : d’un côté, le marketing des constructeurs qui compte en puissances de dix ; de l’autre, la logique binaire des systèmes d’exploitation qui, eux, font confiance au 1024. Cette discordance, aussi vieille que l’informatique domestique, ne cesse de créer des malentendus et des attentes déçues, bien loin d’une simple question de vocabulaire.

Pourquoi parle-t-on de bits, octets, Ko, Mo, Go et To ? Comprendre les bases pour mieux s’y retrouver

Tout commence par le bit : une minuscule unité d’information, 0 ou 1, rien de plus. Huit de ces bits forment un octet, la brique de base utilisée pour écrire une lettre, chiffrer une couleur, enregistrer une note de musique dans le langage feutré des machines. Mais à mesure que nos besoins ont explosé, il a fallu inventer des unités plus vastes pour éviter de jongler avec des nombres à rallonge. Voici comment cette hiérarchie s’est imposée :

  • kilooctet (Ko)
  • mégaoctet (Mo)
  • gigaoctet (Go)
  • téraoctet (To)

Dans le cœur d’un ordinateur, tout fonctionne selon le système binaire : 1 Ko équivaut alors à 1 024 octets. Pourtant, sur les emballages et dans les publicités, le système décimal s’impose et réduit le kilooctet à seulement 1 000 octets. Ce petit écart, qui semble anodin, provoque des surprises au moment de lire la capacité réelle d’un disque dur ou d’une clé USB fraîchement achetée.

Pour essayer d’apaiser cette confusion, la Commission électrotechnique internationale a introduit des préfixes distincts, plus précis :

  • Kio (kibioctet)
  • Mio (mébioctet)
  • Gio (gibioctet)

Ces unités, strictement alignées sur la base 2, sont pourtant peu connues du grand public. Dommage, car elles reflètent la vraie mécanique des ordinateurs et pourraient éviter bien des déceptions.

Unité Système décimal Système binaire
Ko (kilooctet) 1 000 octets 1 024 octets
Mo (mégaoctet) 1 000 000 octets 1 048 576 octets
Go (gigaoctet) 1 000 000 000 octets 1 073 741 824 octets

Ce double système, puissance de dix d’un côté, puissance de deux de l’autre, entretient une confusion persistante depuis des décennies. Pourtant, comprendre cette dualité aide à mieux naviguer dans la jungle des unités de stockage : un repère indispensable pour qui manipule des fichiers, stocke des photos ou archive des vidéos.

Jeune femme compare stockage numérique sur ordinateur portable

Conversions et exemples concrets : visualiser l’impact des unités de stockage dans la vie quotidienne

De la disquette à la vidéo 4K : des ordres de grandeur parlants

On croise ces unités de stockage partout, du disque dur externe à la carte micro-SD, sans oublier la clé USB ou le cloud. Voici quelques exemples pour donner du relief à ces chiffres abstraits :

  • La disquette de l’époque ? Seulement 1,44 Mo, à peine assez pour contenir une photo haute définition d’aujourd’hui.
  • Le CD : 700 Mo, soit de quoi glisser près de 200 chansons compressées en MP3.
  • Une clé USB de 16 Go avale sans broncher environ 10 000 photos prises avec un smartphone classique de 12 mégapixels.

Pour se repérer dans la taille des fichiers, quelques points de comparaison parlent d’eux-mêmes :

  • Un fichier texte : un roman de 300 pages tient dans quelques ko, soit moins d’un million de caractères encodés en ASCII.
  • Une photo HD : comptez entre 2 et 5 Mo selon la compression et la qualité.
  • Une minute de vidéo Full HD (1080p, 30 images/seconde) : environ 150 Mo si le fichier est encodé en H.264.
  • Un film en 4K : il peut peser jusqu’à 60 Go, en fonction de la durée et du débit choisi.

Plus nos appareils capturent d’images et de vidéos en haute définition, plus la capacité de stockage devient un enjeu majeur. Disques durs, NAS, nuages numériques… tous doivent suivre le rythme effréné de la production de données. À tel point qu’un simple message peut illustrer ce phénomène :

  • Un SMS ne dépasse pas 140 octets, mais la moindre pièce jointe propulse instantanément l’échange dans la catégorie mégaoctet.

À l’heure où des milliers de photos, vidéos et documents s’accumulent chaque année sur nos appareils, la question des unités n’a rien d’anecdotique. Elle conditionne la façon dont nous évaluons, organisons et sauvegardons ce qui compte. À chacun maintenant de jongler avec ces chiffres, sans se laisser piéger par les subtilités d’un calcul qui, décidément, n’a jamais été aussi proche de notre quotidien numérique.

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